Maladie d’Alzheimer : les premiers signes à repérer absolument

Maladie d’Alzheimer

Chaque année, la journée mondiale du 21 septembre rappelle une réalité qui touche de nombreuses familles. En France, près de 900 000 personnes vivent avec la maladie d’Alzheimer et un nouveau cas est diagnostiqué toutes les trois minutes. Dans ma propre famille, c’est un trousseau de clés “introuvable” puis un rendez-vous oublié qui nous ont mis la puce à l’oreille. Un oubli isolé n’est pas alarmant, mais l’accumulation de signaux mérite d’être prise au sérieux, comme le rappellent France Alzheimer et la Haute Autorité de Santé.

Les premiers signes à repérer

Le marqueur le plus connu reste les troubles de la mémoire récente : difficultés à se souvenir d’un événement survenu le matin même, répétitions de questions, oublis de conversations. À l’inverse, les souvenirs anciens demeurent souvent intacts au début. D’autres alertes, plus discrètes, peuvent précéder ou accompagner ces oublis :
Troubles de l’attention et de la concentration (consignes vite perdues, “mot sur le bout de la langue”) ;
– Difficultés à réaliser des tâches familières (gérer un paiement, cuisiner une recette habituelle, retrouver un itinéraire connu) ;
Désorientation spatio-temporelle (confusion sur la date, l’endroit où l’on se trouve, le motif d’un déplacement) ;
– Raisonnement ralenti, jugement altéré (appels téléphoniques multiples à la même personne, décisions inhabituelles) ;
– Perte d’objets, déposés dans des lieux improbables (lunettes au congélateur, clés dans une boîte à biscuits) ;
– Retrait social, perte de motivation, irritabilité ou apathie.

Face à ces signaux qui s’additionnent, l’étape utile est la consultation mémoire (souvent au sein des Centres Mémoire de Ressources et de Recherche). Le médecin traitant oriente vers des tests cognitifs standardisés, parfois complétés par une IRM, pour faire la part entre troubles de l’attention, anxiété, dépression, effets secondaires de médicaments ou début de maladie neuro-évolutive. L’INSERM et la HAS insistent : poser tôt le bon diagnostic permet d’adapter l’accompagnement, de traiter les troubles associés (sommeil, douleur, dénutrition) et d’anticiper les aménagements du quotidien.

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Activité douce, liens sociaux et jardinage

Aucune “pilule miracle” n’existe, mais de solides leviers préventifs et d’accompagnement ont fait leurs preuves. Les recommandations convergent : bouger, s’engager, stimuler.
Activité physique douce : 30 à 60 minutes de marche, vélo tranquille ou gymnastique adaptée, plusieurs fois par semaine. L’OMS et la HAS soulignent que l’exercice entretient l’équilibre, le sommeil, l’humeur et la vascularisation cérébrale — autant de facteurs qui comptent.
– Vie sociale et loisirs : jeux de société, chorale, lecture partagée, bénévolat. Ces interactions nourrissent la réserve cognitive, cette capacité du cerveau à compenser les premières lésions sans symptôme visible.
– Jardinage et tâches manuelles : semer, désherber, rempoter ; bricoler, cuisiner. Ces activités mêlent motricité fine, mémoire procédurale et plaisir sensoriel — un trio gagnant.
– Hygiène de vie : repères de sommeil réguliers, correction des troubles auditifs et visuels (des lunettes mal adaptées peuvent majorer la confusion), alimentation de type méditerranéen, hydratation suffisante.

Dans la pratique, mieux vaut ritualiser : une promenade à heure fixe, le marché du samedi avec la liste écrite, l’atelier “photo de famille” du dimanche. Ce cadrage rassure la personne comme les proches. France Alzheimer propose par ailleurs des ateliers et des groupes de parole pour guider l’entourage et éviter l’épuisement.

Un dernier conseil, simple mais décisif : noter ce qui change, avec des exemples datés (oubli d’un paiement, difficulté à retrouver la route du médecin, appel répété à un proche). Cet “agenda des signes” aide le médecin à objectiver l’évolution et à décider des bilans utiles. Et si le verdict tombe, souvenons-nous que l’accompagnement est pluriel : médical, social, psychologique. Plus tôt on s’équipe, plus longtemps on garde autonomie et qualité de vie.

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En résumé, la vigilance se joue dans le temps long : repérer des signes qui s’additionnent, consulter sans tarder, activer les bons leviers. Entre réserve cognitive, consultation mémoire et réseau de soutien, il est possible d’avancer pas à pas — avec rigueur, douceur, et l’élan de toute une communauté d’aidants et de soignants.

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Sophie Lussac

Passionnée par la santé, le bien-être et tout ce qui touche à l’équilibre de vie, je partage ici avec vous mes conseils, découvertes et convictions pour prendre soin de soi au quotidien, simplement et naturellement.

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